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Deux cycles, heure par heure

« Jusqu'à 7 jours » : ce que ça donne quand on branche un ampèremètre sur cinq jours

Chaque collier GPS du marché annonce une autonomie « jusqu’à » quelque chose. Le nôtre disait sept jours. On a branché le collier, on a noté le pourcentage de la pile dans chaque trame qu’il envoyait, et on a laissé tourner jusqu’à ce qu’il s’éteigne. Deux fois, dans deux régimes différents.

Voici les deux courbes. Elles ne sont pas retouchées.

Le premier cycle : 4,88 jours en suivi serré

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Pile du collier, heure par heure — 99 % le 12 août à 17 h, 11 % le 17 à 15 h

99 % le 12 août à 17 h 31. 11 % le 17 à 15 h. Quatre jours et vingt et une heures, pendant lesquels le collier a envoyé 2 639 positions — une toutes les deux minutes et demie en moyenne.

Ce n’est pas un usage normal. C’est un appareil qu’on interroge en permanence parce qu’on le développe : des promenades suivies en direct, des essais de zones, des recherches déclenchées à la main. Aucun animal ne demande ça.

La fiche technique annonçait sept jours. En suivi serré, c’est 4,88. L’écart n’est pas un défaut de l’appareil — c’est ce qui arrive quand un fabricant mesure dans son meilleur cas et écrit « jusqu’à ».

La chose qu’on n’avait pas vue venir

Regardez la fin de la courbe. Elle plonge.

Tranche Durée Vitesse
99 % → 57 % 3 jours et demi ~12 points par jour
57 % → 54 % 8 heures 9 points par jour
54 % → 11 % 8 heures 129 points par jour

Les huit dernières heures ont mangé quarante-trois points. Les huit précédentes, trois.

Ce n’est pas la faute du collier, et ce n’est pas une panne : le pourcentage affiché n’est pas une jauge d’essence, c’est une lecture de tension. Une pile lithium tient sa tension presque plate pendant les deux premiers tiers de sa charge, puis s’effondre à la fin. Tous les appareils à pile lithium font ça — un téléphone, une montre, une perceuse.

Ce que ça change concrètement : 20 % sur un collier GPS ne veut pas dire « un cinquième du temps qu’il reste ». Ça veut dire quelques heures. C’est la raison pour laquelle Filou prévient à 20 % et non à 10 %, et c’est une décision prise à cause de cette courbe, pas avant de l’avoir vue.

Le deuxième cycle : au repos, six jours pour un quart de la charge

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Le même collier au repos — 100 % le 17 au soir, 75 % le 23

Rechargé à 100 % le 17 au soir, le collier a été porté normalement : des sorties, du temps à la maison, aucune traque en direct. En 5,88 jours, il est descendu à 75 %. Une position toutes les vingt-neuf minutes, 280 en tout.

Vingt-cinq points en six jours. La tentation est immédiate : quatre fois six, ça ferait vingt-quatre jours.

On ne publiera pas ce chiffre-là, et voici pourquoi. Ces vingt-cinq points sont pris dans le haut de la courbe — la partie plate, la moins chère. Le premier cycle vient de montrer que le dernier tiers coûte plusieurs fois plus. Extrapoler la partie facile sur toute la charge, c’est exactement la méthode qui produit les « jusqu’à 7 jours » qu’on reproche aux autres.

Ce qu’on peut dire honnêtement : en usage courant, le collier tient beaucoup plus que cinq jours. Le chiffre exact sera publié ici quand un cycle complet au repos l’aura donné, et pas une heure avant.

Ce qui fait vraiment descendre la pile

Ce n’est pas la durée, c’est le nombre de fois où l’appareil cherche le ciel. Une accroche GPS à froid demande soixante à soixante-douze secondes d’antenne allumée. C’est le geste le plus cher du collier, et tout le reste — envoyer la position, écouter le réseau, dormir — coûte une fraction de ça.

D’où deux conséquences pratiques :

  • Un animal immobile ne coûte presque rien. Le collier s’endort et se contente de dire qu’il est vivant. C’est visible dans le deuxième cycle.
  • Une journée de recherche coûte cher. Si vous suivez un animal perdu en direct pendant des heures, comptez en heures, pas en jours. C’est le moment où l’autonomie compte, et c’est le moment où elle fond.

Ce qu’on aurait pu écrire à la place

« Jusqu’à 7 jours d’autonomie ». C’était sur la fiche, personne ne serait venu vérifier, et ça aurait été plus vendeur que cette page.

Le problème, c’est que la personne qui achète le croit, part une fin de semaine sans le chargeur, et se retrouve avec un collier éteint le troisième jour. Elle ne se dit pas « la fiche était optimiste ». Elle se dit que le produit ne marche pas.


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